Morgane Urli

Post-doctorante en biogéographie et écophysiologie à l’université de Sherbrooke, elle parle des forêts d’érables à sucre du Québec. Sa semaine sur En Direct Du Labo.

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« Un jour, je serai autour d’une table avec des gens tous ultra-compétents dans des domaines très différents. On discutera de solutions viables pour vivre en harmonie avec la nature avant qu’elle ne nous éjecte. Et moi je serai le maillon pour que l’avocat, l’ingénieur, le gestionnaire, le chercheur et le décideur se comprennent. »

Ça, c’est mon rêve de petite fille. Il n’a pas beaucoup changé en fait. C’est ambitieux, mais les défis me font avancer. Et comme à 4 ans, je serrais les arbres dans mes bras, qu’à 14 ans, je créais une association appelée Arbre, je me suis dit qu’étudier les arbres et les forêts ainsi que leur réponse aux changements de leur environnement serait le métier qui me conviendrait le mieux et me permettrait de côtoyer des gens d’horizons différents ! Plus précisément, mes recherches ont pour but de déterminer l’impact des changements globaux (réchauffement climatique et changement d’usage des terres entre autres) sur la répartition des arbres (eh oui, les arbres migrent !) et sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers. Je me suis ainsi spécialisée en écologie fonctionnelle, écophysiologie et biogéographie.

Mon doctorat en poche et après avoir bien servi de garde-manger pour les tiques lors de mes expérimentations sur les chênes vert et pédonculé des forêts dunaires du Sud-Ouest de la France, j’ai décroché mon premier post-doctorat au Québec pour travailler sur… l’érable à sucre ! Je sers donc actuellement de garde-manger pour les bibittes (comprenez moustiques-insectes en québécois) ! Je vis actuellement, à Sherbrooke, petite ville du Sud-Est du Québec depuis un an et demi bientôt. J’arpente les forêts d’érables sans jamais me lasser des changements de saison tout en essayant de répondre à cette question : le climat détermine-t-il à lui seul la répartition de l’érable ou d’autres facteurs comme le sol et les êtres vivants qui l’entourent jouent-t-ils un rôle non négligeable ?

Je me dis qu’il est temps aujourd’hui de compléter mon éventail de compétences pour devenir ce fameux maillon. Je vais donc commencer par le vocabulaire des avocats en prenant un cours de droit en environnement en janvier prochain. De même, je voulais vulgariser mes travaux de recherche depuis longtemps. Et je me suis enfin décidée en post-doc avec l’ouverture d’un blog. Je vous invite donc à y faire un tour et à me suivre sur Twitter si vous voulez savoir comment les Hents, ces arbres humanoïdes du Seigneur des anneaux, sont devenus mes meilleurs amis pour vulgariser mes travaux.

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