Sarah Dumortier

Docteur en histoire moderne, prof en lycée et chargée de cour, elle parle de son parcours et de ses recherches. Sa semaine sur En Direct Du Labo.

Sarah Dumortier.JPG

Je m’appelle Sarah Dumortier, docteur en histoire moderne depuis novembre 2015. Ma thèse portait sur « Le célibat ecclésiastique offensé au sein du clergé paroissial de la France septentrionale (XVIe-début XIXe siècle). Mon parcours est très classique : une maîtrise en histoire moderne, un Master II puis les concours de l’enseignement et une inscription en doctorat, à l’université Lille III, après mon année de prof stagiaire. À défaut de contrat doctoral ou de bourse de thèse, j’ai mené conjointement la thèse, sous la direction du professeur René Grevet, les charges de TD à l’université Lille III et mes cours d’histoire-géo en lycée.

Après avoir travaillé sur les réalités de la sexualité du clergé cambrésien aux XVIIe et XVIIIe siècles en M2, il me semblait fondamental de poursuivre cette recherche à une échelle plus vaste et de manière bien plus fouillée. Le choix de ce sujet s’inscrit donc dans une démarche personnelle mais tient également à de nombreuses rencontres textuelles, rendues possibles grâce à ma formation en paléographie. Cela m’a amenée à inscrire mes travaux, non plus seulement dans le cadre de l’histoire religieuse, mais surtout dans l’histoire du genre. J’ai essayé d’aborder, dans une perspective renouvelée, une analyse sociale, démographique et genrée du sujet. Le traitement de la conjugalité ecclésiastique, à l’époque moderne, n’avait jamais fait l’objet d’un regard spécifique, d’une approche normée. Évoqué de manière fortuite, l’engagement sentimental et sexuel de l’ecclésiastique était à mettre en lien avec une minorité scandaleuse ne nécessitant aucune approche sociale. L’enjeu de mon travail n’était donc pas d’établir les normes de la répression mais de mettre en avant la matérialité des unions ecclésiastiques, leurs conséquences et les représentations de ces clercs déviants à l’époque moderne.

Aujourd’hui, je travaille essentiellement à la publication de mon manuscrit, accepté par les Presses Universitaires du Septentrion, tout en poursuivant des travaux de recherche sur l’illégitimité, l’appel comme d’abus, l’infanticide et l’avortement. Je continue à me constituer un « réseau » en essayant de participer à un maximum de colloques, journées d’études ou séminaires et en publiant différents articles tirés de mon manuscrit de thèse. Qualifiée aux fonctions de MCF par le CNU, je vais candidater aux postes proposés par la section 22 du CNU mais les débouchés sont faibles. Je continuerai donc à associer recherche et métier de professeur de lycée.