Manon Champier

Doctorante en histoire, elle parle de l’utilisation d’Athéna au XIXe siècle. Sa semaine sur En Direct Du Labo.

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Je m’appelle Manon Champier et je suis doctorante en histoire. Ma discipline s’appelle la “réception de l’Antiquité”, c’est tout simplement la façon dont on perçoit, comprend, s’approprie, détourne éventuellement l’Antiquité dans d’autres périodes historiques, bref comment on la “reçoit”.

Ma période à moi c’est le XIXe siècle, j’étudie comment on y utilise l’Antiquité. Pourquoi le XIXe siècle ? Parce que c’est une période où l’Antiquité est extrêmement à la mode, notamment parce qu’à la fin du XVIIIe siècle, on a fait de grandes fouilles archéologiques qui ont fasciné, telles que Pompéi. C’est aussi une période de conquête militaire et de colonisation, et les puissance européennes s’en donnent à cœur joie pour piller et ramener foule d’objets qui sont exhibés comme des trophées et viennent constituer les grandes collections des prestigieux musées que nous connaissons aujourd’hui, tels que le Louvre ou le British Museum.

Mon sujet porte sur une déesse en particulier : Athéna, la grande divinité de la guerre et de la sagesse (pour faire court car elle recoupe bien plus que cela). Et je me concentre sur son utilisation dans l’imagerie officielle, c’est-à-dire toutes les images produites par l’Etat : les timbres, les sceaux, les façades de monuments publics, les monnaies… Comme cette divinité incarne des notions telles que la vertu, la grandeur, l’intelligence ou la puissance, elle est une figure privilégiée pour les instances officielles en quête de légitimation, alors même que les révolutions et les régimes politiques se succèdent en France, au XIXe siècle. Aujourd’hui encore, elle reste une figure de choix pour diverses institutions, en témoigne le logo de l’université fédérale de Toulouse, qui vient d’adopter son effigie.

Mon parcours est original. Après une année d’hypokhâgne, j’ai fait une L2 d’histoire, puis une L3 pluridisciplinaire mention professorat des écoles, afin de préparer le concours. Je l’ai obtenu en 2009, à l’époque où il ne fallait qu’une licence. Mais j’ai aussi décidé de reprendre en parallèle mes études pour faire un master d’histoire, que j’ai fait en trois ans, en travaillant à mi-temps à l’école primaire. Enfin, j’ai eu la chance d’obtenir un contrat doctoral, ce qui est très rare en sciences humaines, et qui m’a permis de me faire détacher de l’éducation nationale pour trois ans.

Comme mon travail concerne à la fois l’histoire antique et l’histoire contemporaine, je suis en codirection sur deux laboratoires de l’université Toulouse-2-Jean Jaurès : le laboratoire Framespa, qui recoupe des chercheurs travaillant sur des périodes allant du Moyen Âge à aujourd’hui, et le laboratoire PLH, qui comporte une équipe, ERASME, spécialisée dans l’Antiquité et sa réception. Enfin, depuis peu je me suis lancée dans l’expérience de la vulgarisation scientifique et je tiens une chaîne youtube qui s’appelle “C’est une autre histoire” qui essaye d’aborder l’histoire de manière moins traditionnelle. C’est une piste que j’aimerais développer après la thèse.

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